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samedi 7 décembre 2013

Les Pu Erh, des thés qui s'améliorent en vieillissant, comme un bonne bouteille de vin

Bonjour à tous,

Après une session exigeante à l'université où je n'ai pas eu beaucoup de temps pour moi,  je vous reviens, plein d'idées sur plusieurs sujets touchant le thé. Dans le présent billet, je vous présenterai une famille de thés que j'affectionne particulièrement, les Pu Erh. Ces thés sont des thés vieillis. Ces thés sont une spécialité de la province du Yunnan au sud-ouest de la Chine (Il s'agit d'une appellation d'origine contrôlée). Nous pouvons retrouver deux grands types de pu erh, soit le pu erh dit vert, cru ou sheng cha (cha voulant dire thé en chinois) ou le pu erh dit noir, cuit ou shou cha. On peut aussi trouver ces thés sous plusieurs formes.

Tout d'abord, je vous présenterai le pu erh vert (sheng) qui est en fait le pu erh le plus classique. Ce thé sera présenté sous diverses formes compressée, soit en briques, en galettes, en forme de bols (cette forme est appelée tuo cha) ou même dans des formes décoratives de toutes sortes (pour des thés destinés à un long vieillissement). Ces thés, sont préparés en deux étapes:

 - Tout d'abord, à la plantation, on fait subir au thé une première oxydation (chaque plantation et chaque recette le fait à un degré différent, donc le niveau d'oxydation peut vraiment varier de celui d'un thé blanc à celui d'un thé noir).

- Ensuite, les feuilles sont humidifiées en les passant à la vapeur pour les rendre bien souples et elles sont ensuite compressées par de grosses presses en  l'une des formes dont citées plus haut. Anciennement, cette compression étant faite à la main. Elle avait été rendus nécessaire pour le transport de thé en provenance du Yunnan vers les demeures des empereurs et des nobles chinois dans la Chine impériale, car le Yunnan est très éloigné de ces endroits et le thé compressé était plus facile à transporter à dos de cheval que le thé en vrac. 

Par la suite, on entreposera le thé pendant une période plus ou moins longue dépendant du goût que l'on recherche, car comme certains vins, le pu erh vert évolue avec le temps. Plus jeune, il sera plus végétal, tandis qu'en vieillissant, il développera un goût minéral, rappelant les effluves d'une terre de sous-bois ou d'une vieille cave. Si vous achetez du pu erh et que vous souhaitez le faire vieillir, sachez qu'à peu près n'importe quel environnement est propice au vieillissement du pu erh. Cependant, n'oubliez pas que le pu erh, comme tous les thé absorbe les arômes ambiants. Par conséquent, les entreposer dans une cuisine n'est pas la pratique la plus recommandée, car votre pu erh absorbera les arômes de tous les plats que vous cuisinerez, ce qui risque d'être étrange lors de la dégustation de votre thé.

Personnellement, je préfère les pu erh verts lorsqu'ils ont 15, 20 ans et plus d'âge, alors que le caractère minéral a eu le temps de se développer. Par curiosité, j'ai même fait quelques recherches sur les pu erh de 1988, mon année de naissance et ai découvert que les pu erh de cette année sont particulièrement rares, car plusieurs recettes de pu erh  aujourd'hui célèbres ont été élaborées cette année-là.

Pour la suite, je vous présenterai les pu erh noirs (shou). La technique de préparation de ces thés a été mise au point dans les années '70, alors que les pu erh devenaient de plus en plus populaire afin de répondre à la demande de thés vieillis plus rapidement. Après la première oxydation, on mettra les feuilles en monticule, souvent directement sur la terre, que l'on arrosera d'eau que l'on couvrira d'une bâche. pendant une durée pouvant aller jusqu'à 3 mois. Pendant ce temps, le thé fermentera et vieillira de façon accélérée. Après la période de fermentation, on pressera la plupart des feuilles dans les mêmes formes que le pu erh vert. Ces formes compressées pourront, tout comme le pu erh  vert être gardées et vieillie. Par contre, il atteindra généralement son meilleur après 5 ans plutôt que plus de 50 ans pour certains pu erh verts. La goût du pu erh noir est minéral toujours plus minéral, cependant, il ne complexifiera pas autant que celui d'un pu erh vert. On peut aussi trouver du pu erh noir en vrac. Ce sont des feuilles qui seront simplement séchées et empaquetées par la suite. Ces pu erh en vrac ne sont toutefois pas faits pour être vieillis. Notez que les seuls pu erh que l'on peut trouver en vrac sont des pu erh noirs.

Pour terminer, voici quelques photos de pu erh que je possède.


 En haut à gauche, une galette de pu erh vert de 3 ans (beaucoup trop jeune pour moi), en haut à droite, plusieurs petits tuo cha aromatisés, en bas à droite, du pu erh noir en vrac.

 Zoom sur l'assortiment de tuo cha aromatisés 

 
Un petit tuo cha sous plusieurs angles

 Galette de pu erh dans son papier d'emballage dans sa boîte

Galette de pu erh, son emballage ouvert

Si vous voulez plus de détails ou souhaitez que je traite d'un sujet en particulier, n'hésitez pas à commenter ce billet!

Bien à vous,

Le comptable aux thés

PS:  Avant d'infuser un pu erh, on détache des éclats de l'arrière de la galette ou de l'intérieur du tua cha avec un couteau. Dans le cas des petits tuo cha, on les casse et on les infuse en entier, car ceux-ci sont  bons pour une tasse.

jeudi 16 mai 2013

Le Chai (Chai Massala), Un thé épicé indien

Bonjour à tous

Le billet d'aujourd'hui portera sur le chai, un thé épicé qui vient tout droit de l'Inde! Il s'agit d'un thé mélangé à un mélange d'épices qui est souvent préparé dans du lait et que l'on sucre. (personnellement, c'est le seul thé que je sucre.) Chai est le mot hindi pour thé. Vous comprendrez donc qu'il n'est pas approprié de parler de thé chai. On parlera plutôt de chai massala, thé épicé.

Il y a quelques semaines une amie (celle avec laquelle je suis allé chez Ming Tao Xuan) revenant d'un voyage en Inde m'a rapporté un sachet de d'épices à chai directement d'Inde. Je ne pouvais pas espérer meilleure occasion pour me faire un chai!

Voici approximativement la recette que j'ai utilisé:
donne 5 tassses

- 2 tasses d'eau
- 3 tasses de lait (ça peut être du lait de vache, de chèvre, de soya, d'amande, Alouette!) 
- 1 cuiller à thé d'épices (un mélange d'épices peut contenir cannelle, cardamome, curcuma, gingembre, fenouil, girofle, poivre, anis, etc. selon vos goûts)
- 2 cuiller à table de thé noir (J'ai utilisé du assam, un thé indien pour faire concept, mais sentez-vous à l'aise d'utiliser votre thé noir nature favori!)
- une touche de sirop d'érable (ou de sucre, de miel, etc.)

1- Tout mettre dans une casserole sauf le sirop d'érable à feu fort, brasser jusqu'à ce que ça bout, baisser ensuite le feu à moyen jusqu'à ce que le liquide ait une couleur brun presque café au lait. (brasser souvent)

2-  Servir dans des tasses en le tamisant (ou mettre dans une théière ayant un panier en tamis et servir)

3-  Sucrer au goût avec ce que vous voulez (mon côté Québécois aime bien mette une touche de sirop d'érable un peu partout!)

4- Relaxer et déguster en partageant avec vos proches!


Bien à vous,
Le Comptable aux Thés

mercredi 27 mars 2013

Lapsang Souchong (ou mon thé préféré)

Bonjour à tous!

Pour mon premier billet sur un thé en particulier, j'ai décidé de me faire un fleur et de traiter du Lapsang Souchong, mon thé favori! Tout d'abord, ce thé, infusé, ne plaît pas à tout le monde. En effet, il s'agit d'un thé noir fumé.

Voici ce que dit la légende sur l'origine du lapsang souchong: Une armée en déplacement avait dressé son campement dans un village où il y avait un entrepôt de thé. Dans l'entrepôt, des feuilles étaient à sécher, mais il dût être déplacé afin d'accommoder les soldats. Au départ des soldats, le thé n'était pas encore sec, mais il était presque temps d'aller au marché. Les villageois ont donc fait des feux de pin afin d'accélérer le séchage du thé. Arrivé au marché, la récolte du village fut des plus populaires. C'est ainsi que qu'à partir de ce temps, ce village continua de faire sécher son thé sur un feu de pin, donnant naissance au Lapsang Souchong.

Infusé, ce thé, lors des premières infusions, a un goût qui rappelle les feux de camp. Il me rappelle les soirs d'été, en forêt autour d'un feu de camp. Par la suite, le goût se raffine, des notes sucrées ressortent un peu, un peu comme dans un poisson fumé.

D'ailleurs, en traitant de poisson fumé, comme j'ai déjà dit, le lapsang souchong infusé n'est pas nécessairement apprécié par tous. Cependant, plusieurs l'utilisent en cuisine. Par exemple, voici deux recettes très différentes mettant en scène le Lapsang Souchong.

Moelleux au chocolat noir et au thé Lapsang Souchong (Le Soleil)
Gravlax au thé fumé (Josée Di Stasio)

Étant mon thé préféré, il y a environ un an et demi, j'ai profité de la fermeture d'un salon de thé situé à Repentigny (Un Thé au Sahara) pour me procurer un ensemble de thé (théière et 6 tasses et soucoupes) en terre cuite dans lequel je ne fais QUE le lapsang souchong.

Pour conclure, si vous aimez, le moindrement du monde les arômes fumés, je vous suggère fortement d'essayer le Lapsang Souchong. Si son arôme est trop puissant pour vous (car il est très puissant), vous pourrez toujours l'utiliser en cuisine!

Je vous laisse sur des photos prises lors de ma dernière dégustation en regardant la télévision.


À la prochaine,

Le Comptable aux thés

PS: Note intéressante: Le Lapsang Souchong était le thé favori de Winston Churchill et est aussi le thé favori du personnage Patrick Jane de la série américaine Mentalist